vendredi 7 mars 2014

Eléments de comptabilité

Extrait de La créance, sa réification fictive en comptabilité,
article paru sur Village de la Justice

Qu’est-ce qu’un compte ? C’est un registre, où le fait qu’un bien soit la propriété d’une personne est relevé, noté, avec indication de la valeur de la chose. L’ensemble des biens ainsi enregistrés forme donc le patrimoine au premier sens du terme. Lorsqu’un bien entre dans le patrimoine, lorsqu’il est approprié, il est ajouté au compte. Lorsqu’il sort, il est soustrait. L’on pourrait effacer la trace de l’enregistrement, ou bien rayer l’inscription ; on préfère opérer la soustraction en enregistrant la même valeur une seconde fois, pour annuler la première. C’est l’idée première du passif. En arithmétique, on obtient zéro en additionnant une valeur positive et cette même valeur négative. On a fini, en comptabilité, par une convention qui revient absolument au même, par juxtaposer et confronter deux colonnes, dont l’une contient l’actif et l’autre le passif. Il est entendu que les valeurs inscrites au passif, quoique de signe positif, viennent en déduction, et pour la déduction, de ce qui est contenu à l’actif. C’est ainsi qu’a fini pas se présenter un compte alla veneziana.
La parfaite compréhension de la suite exige de bien saisir le fonctionnement de ce compte, à ce stade encore élémentaire. Et d’abord en l’absence d’obligation. Si l’on prend l’exemple d’un troc, chacun des deux coéchangistes va simultanément enregistrer la sortie du bien qu’il donne, en inscrivant sa valeur au passif, et l’entrée du bien qu’il reçoit, en inscrivant sa valeur à l’actif. L’obligation apparaît en cas de hiatus temporel entre les deux flux. Si l’un se contente dans un premier temps de recevoir, pour ne donner quelque chose en échange que dans un second temps, il y a obligation dans la phase intermédiaire. Celui qui reçoit le premier s’oblige à donner ensuite à celui qui lui a fait confiance. Le paiement, c’est-à-dire en l’occurrence le don de la chose en échange, éteint l’obligation. Relation de confiance, l’obligation ne peut pas être mêlée aux comptes que les coéchangistes tiennent de leurs patrimoines respectifs. Dans un premier temps celui qui donne s’en tient à l’enregistrement de la sortie du bien, par inscription à son passif, et celui qui reçoit se contente d’une inscription de l’entrée à son actif ; puis, dans un second temps, celui qui rend enregistre à son tour la sortie, et son coéchangiste la réception.
C’est ainsi que cela se passe tant que l’obligation n’est pas considérée autrement que comme une relation personnelle. Cela n’interdit pas de tenir par ailleurs le registre de ce qui est dû. Mais l’enregistrement des obligations n’est pas directement corrélatif de celle des valeurs (argent et biens). Tout le génie de la comptabilité en partie double a précisément consisté à coordonner tous les comptes d’une même personne, à les fondre au sein d’une comptabilité d’ensemble susceptible de donner alors une image fidèle de toute sa situation patrimoniale et financière.

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