Mises à part quelques leçons de méthode et de logique juridique (cas pratique et commentaire d'arrêt), et un devoir blanc écrit sur table, qui a donné lieu à évaluation, les travaux dirigés semestriels ont continuellement donné lieu à des exercices, objet d'évaluation, qui alliaient enseignement et examen. En effet, les étudiants se sont prêtés, à chaque séance, à des épreuves orales et écrites. Chaque séance portait sur les décisions de justice figurant dans la fiche de TD de la semaine. Chaque arrêt donnait lieu à une interprétation, sous la forme qui suit.
Après une mise en scène devenue rapidement routinière, les
rôles du président, de son conseil, du ou des greffiers et des avocats
(éventuellement accompagnés de leurs assistants) étaient répartis entre les
étudiants et le chargé de td (lorsque ce dernier ne se cantonnait pas dans sa
fonction de metteur en scène). Remarquons que l'effort a porté au début sur
l'architecture intérieure de la salle de travaux dirigés (exclusivement, une
expérience en amphithéâtre s'étant avérée très décevante) : après avoir disposé
le tribunal sur l'estrade et les avocats au premier rang de la classe figurant
l'auditoire, puis après avoir placé les avocats sur l'estrade, le président au
premier rang, la salle figurant son conseil, l'on s'est finalement arrêté à la
disposition traditionnelle de la Justice : un carré central, le président
siégeant à un angle (rôle très vite monopolisé par l'enseignant), l'angle
opposé, ouvert, étant l'endroit d'où parlaient les avocats.
L’épreuve orale se déroulait en trois temps.
1° Les débats.
Le président donnait la parole à l’étudiant volontaire ou
désigné pour le rôle d’avocat du demandeur. Ce dernier exposait les faits et
énonçait sa demande. Parfois le défendeur répliquait brièvement avant que le
demandeur n’argumente le premier.
Il ne s’agissait pas de longue plaidoirie, mais de reconstitution
intelligente de la discussion du problème juridique. La demande et la défense
échangeaient brièvement leurs arguments (alternance du pro et du contra), ce
qui suppose de l’étudiant une analyse rigoureuse et une compréhension exacte de
l’arrêt étudié.
2° Le délibéré. Ouvert, par le président, lorsque,
conformément au NCPC, "il s'estimait éclairé", bien préparé par la
phase des débats, le délibéré était l’occasion d’une réflexion plus approfondie
sur l’arrêt étudié (préparation du commentaire). Il donnait lieu à des
interrogations par le chargé de TD, à des questions par les étudiants, ainsi
qu'à des interventions spontanées.
3° Enfin le procès se clôturait sur l'articulation du
prononcé de la sentence par le président.
Quant au cérémonial, il s'agissait, pour la salle entière,
de ne s'asseoir qu'avec le président, de se lever avec lui lors de la clôture
des débats, et de se relever avec lui à la fin du délibéré, pour la sentence,
prononcée debout.
La notation de ces interventions a tenu compte de leur
quantité et de leur qualité (une bonne réponse, fulgurante, même isolée, valant
à son locuteur une meilleure note qu'une accumulation d'interventions très
moyennes). Sont aussi entrés en considération les efforts de l'étudiant, sa
progression et son aptitude à tenir compte de sa propre expérience. Un minimum
de dix étudiants ont ainsi pu être évalué à l'oral à chaque séance (plus d'une
quinzaine en période faste).
Quant à l’écrit, il s’est agit, pour les étudiants désignés
comme greffiers, de remettre à chaque séance leur rapport de la séance
précédente. Souvent ces rapports n’étaient pas une retranscription pure et
simple des propos échangés mais contenaient une synthèse de la séance. Chaque
rapport remis a fait ensuite l’objet d’une reprographie distribuée à l’ensemble
des étudiants lors de la séance suivante.
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